Prendre le temps de le perdre.

Bonjour à toutes et à tous !

Je reviens aujourd’hui avec un article inspiré de plusieurs autres, mais aussi de reportages télévisuels et documentaires qui reviennent souvent en ce moment, je trouve … Peut-être est-ce tout simplement parce que, de ce fait, je m’y intéresse plus ; qui sait ? “Prendre le temps de le perdre”, d’où me vient cette expression, me demanderez-vous ? Eh bien, cela à tout simplement à voir avec cette idée de “Carpe Diem” ou encore celles de “prendre le temps de vivre”, “profiter”, “se laisser aller”…

Et pourtant, ne dit-on pas qu’il faut vivre comme si chaque jour était le dernier ?

Alors oui, il existe certaines incohérences : d’une part, prendre le temps et de l’autre : se hâter de cocher tous les items d’une “bucket list” (sorte de listing de toutes les choses que l’on veut avoir faites dans sa vie !).

Alors oui, il est plus simple de s’émerveiller devant une nature florissante de par l’arrivée du printemps ; lorsque l’on découvre une ville inconnue jusqu’alors ou encore lorsque l’on attendait un événement ou une issue avec impatience. Mais n’est-ce pas là tout le problème, justement ?

Doit-on forcément passer par la case découverte/surprise/impatience pour enfin profiter pleinement des choses qui nous arrivent ? D’ailleurs, n’a t-on pas également cette désagréable sensation qu’une fois que cet objet, si ardemment désiré depuis des semaines, des mois, des années,…arrive entre nos mains, son intérêt n’en devient alors que limité !

Vous me direz que c’est dans la condition humaine, de toujours vouloir ce qu’elle ne possède pas ; mais à quoi  bon ? A cela, Epicure répondrait : “Etre heureux, c’est savoir se contenter de peu.” Et cette phrase aussi, vous l’avez certainement déjà entendue ; et vous la ressortez à chaque fois que l’occasion se présente, n’est-ce pas ? Tout en continuant de vouloir le dernier objet connecté ou en enviant la (nouvelle) voiture du voisin…

Alors oui, moi aussi, j’oscille souvent entre ces deux paradoxes. Mais “prendre le temps de le perdre” signifie avant tout pour moi le fait de savoir profiter des plus petites choses quand elles arrivent. Oui, ça aussi, on vous en déjà parlé, non ? Mais c’est en cela que la Vie est plus belle et je crois que, en ces temps de “guerre”, rien ne saurait remplacer la douceur du sourire d’un enfant ; un éclat de rires à la vue ou à la lecture d’une situation comique (voire encore mieux, d’auto-dérision !) ; les premiers rayons de soleil sur le visage ou sur le dos, lors d’une jolie balade ; ou encore, pour moi, le regard des élèves lorsqu’ils ont (enfin !) compris ce que je tente de leur expliquer depuis plus ou moins longtemps !

A ce sujet, j’avais d’ailleurs adoré le #Flow 29 jours lancé par les créateurs du magazine en février ! Il fallait en effet partager une image selon un thème défini par jour ; justement pour apprendre à voir le positif dans chaque chose. Mais surtout, se rendre compte que rien que le fait de s’arrêter un instant de temps en temps, pour savourer, profiter, contempler, peut nous permettre de nous sentir beaucoup mieux dans notre relation aux autres, et dans notre relation à nous-même, avant tout.

Car avouons-le, si le fait de faire plaisir aux autres nous satisfait, il est tout aussi bon de se sentir bien à sa place et au bon moment. L’auto-satisfaction est un sentiment assez puissant, qui peut justement nous pousser à davantage nous dépasser ; mais ce n’est pas le sujet du jour … 😉

En conclusion : vivez, profitez, avancez (pas trop vite !) et surtout, regardez autour de vous, et peut-être que vous vous apercevrez (enfin) de ces petits détails que vous croisiez chaque matin, sans même y prêter attention !

A très vite !

Roseline ❤

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2 thoughts on “Prendre le temps de le perdre.

  1. C’est un discours qui me dérange un peu. Savoir trouver son bonheur partout, se contenter de peu, être heureux de l’instant présent… C’est terriblement positif et vertueux, peut-être trop. Ça résonne pour moi – peut-être à tort – comme un pis-aller faute de pouvoir lutter vraiment contre une société morose contre laquelle de toute façon nous ne pouvons rien. Tu l’as dis toi-même, et c’est révélateur, la “Vie” (d’ailleurs pourquoi mettre une majuscule ? Est-ce une marque de sacralisation ?) est plus belle “en ces temps de guerre” si on suit ces principes. Certes, mais faut-il qu’elle le soit, plus belle ? Est-ce que vouloir à tout prix que la vie soit belle ne tue pas en nous toute forme de combat, de lutte ? N’est-ce pas une profonde forme de résignation, de manque d’indignation, de lâcher-prise face à un monde “en guerre” ? Chaque jour voit l’éclosion de choses merveilleuses, tu l’as dit, le sourire d’un enfant, une odeur particulière, le ciel rougeoyant du matin, un regard complice… Un sourire pour combien de vies perdues sur l’autel de l’intolérance, de la discrimination, de la cruauté, de la bêtise ? Quelle part de culpabilité portons-nous, nous insouciants et naïfs, qui observons chaque jour ces faits révoltants sans nous révolter ? Comment pouvons-nous nous révolter si nous ne sommes pas en colère ? Comment pouvons-nous être en colère en se fixant l’objectif d’être heureux par chaque petit détail de notre vie quotidienne ?

    Je caricature bien sûr un peu, mais voilà ce qui me dérange avec le discours médiatique actuel, et dans une certaine mesure, le tien. On oppose systématiquement “temps de guerre” à “carpe diem”. Et nous, pauvres citoyens serviles, nous oscillons entre le partage du marasme global et mondialisé, et l’engagement personnel au bonheur qui nous est promis si tant est que nous soyons suffisamment simple et conciliant pour le prendre. L’ennui, c’est que ces deux discours sont servis à l’auditoire de manière complètement déconnectée. Le premier est réservé aux journaux d’actualité quand le deuxième est débattu dans les magazines “Mode de vie”. La chose publique est complètement décorrélée de la chose privée, et nous perdons la notion d’engagement.

    Rien n’est à blâmer dans ces deux discours pris séparément donc, mais dans la manière de les exposer. Ce dont j’ai peur, c’est que la répétition incessante de la phrase sacrée “Profite de l’instant présent” nous éloigne des soucis du monde, tant et si bien que l’on y devienne complètement indifférents. J’entends par indifférence : on s’émeut un temps, puis on oublie (le mal du siècle à mon avis). On serait presque tenté de souhaiter que cette guerre continue pour que nous puissions tranquillement voir le bonheur partout autour de nous, tellement satisfaits que nous sommes de réussir à être heureux dans un monde qui ne l’est pas…

    Tu vas me dire, ce n’est pas le cas, je suis parfaitement consciente de ces problèmes, et je reste engagée contre ceux-là. Je ne lâche rien, et l’inhumanité actuelle me révolte et je combats chaque jour, à mon niveau, les injustices qui m’entourent. Ça ne m’empêche pas d’essayer d’attraper chaque petit bout de bonheur qui s’éparpille autour de moi. Les deux ne sont pas incompatibles.

    Je suis entièrement d’accord, et c’est je crois ce sur quoi il faut insister. Ce qui est important n’est pas mon bonheur en soi, mais comment je l’utilise autour de moi. Pour moi, être heureux n’est pas une fin en soi. C’est pour cela qu’axer un article (que ce soit le tien ou un d’un magazine quelconque) sur le bonheur me glace le sang, c’est terriblement égoïste ! Etre heureux n’est pas une fin donc, mais une condititon sine qua non pour agir. Je dis agir et non vivre délibérément. Je ne peux pas m’engager si je ne suis pas d’un certaine manière heureux. Expliquer l’importance de trouver son bonheur simplement est donc salutaire, mais cela ne doit pas paraître pour une fin en soi, au risque de tomber dans l’égoïsme et l’indifférence….

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    1. D’abord, je te remercie pour ce long commentaire de réflexion car c’est avant tout ce que je recherche, par le biais de ce blog !
      Pour essayer de répondre à ce que tu pointes du doigt, non, je n’ai pas dit clairement -ou voulu dire, question de point de vue- que la vie est plus belle quand tout va mal, car on savoure mieux, davantage … Le fait que je mette une majuscule à ce mot, vie, renvoie uniquement à des éléments de mon passé qui m’en ont donné une vision, je le sais, bien différente de la majorité des gens, ou tout du moins bien différente de celle qu’en ont les gens qui m’entourent.
      Le fait que tu parles de la temporarité des choses me parle : oui, je suis d’accord que les choses ne durent qu’un temps, surtout les émotions, les ressentis, et les soutiens / combats qui vont avec …
      Mais à travers mes paroles, je tentais non seulement de décortiquer ma pensée -car oui, c’est ce que je fais ici, je crois- mais également de “me trouver”, alors oui, je vais peut-être te choquer, mais ces derniers temps m’ont servi de leçon et j’en ai conclu que l’égoïsme devait à présent faire partie de ma vie … Et pourtant, si tu me connaissais, mes engagements et principalement en faveur de l’éducation ne sont pas que du vent. Tous ceux qui me côtoient me disent à quel point ils le ressentent, qu’il s’agit d’une vocation mais bien plus encore. Si tu savais comme je me bats pour la condition des enfants particulièrement, l’importance qu’ils ont à mes yeux …
      Alors certes, tu pourrais aussi me répondre que je ne ” m’occupe ” que d’une infime partie des problèmes qui nous entourent et des causes qui importent (quelles sont celles d’ailleurs qui n’importeraient pas ?!) mais je t’assure qu’après ces quelques années difficiles, je me sens obligée de me confiner dans ma bulle, parfois, en attrapant au passage quelques ondes positives, aussi éphémères soient-elles …

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