Lettre à l’adolescente que j’étais…

Chère Roseline,

Je t’avouerais que je ne sais pas trop bien par où commencer, tant les événements ont été riches ces dernières années, alors pardonne-moi si les idées vont et viennent ; je vais faire de mon mieux. Mais cela, tu le sais déjà ; car tu es jeune, aux alentours de 14 ans, et le perfectionnisme est justement l’une de tes plus grandes qualités jusqu’alors. Et pourtant, je sais bien comme il va te desservir prochainement. J’aimerais t’en avertir, te dissuader de « lâcher du lest » et puis finalement ; est-ce réellement nécessaire ? Un autre aspect de ta personnalité consiste justement à croire en le droit à l’erreur ; et si justement les expériences qui suivront te permettait de te révéler, en tant que femme, en tant qu’être moralement plus mature ? Pourtant, tu ne te souviens pas encore assez te l’avoir entendu dire. Si seulement tu pouvais te le rappeler… Être une bonne élève, ça tu connais. Le perfectionnisme et le droit à l’erreur n’allant cependant pas de pair ; avec le recul tu te rendras compte que c’est si facile à dire, pour les autres, que l’erreur est humaine… Mais pour toi, non, c’est inconcevable ! Ne pas réussir à l’école ? Ne pas satisfaire ces parents si aimants, courageux et dévoués ? Non, impossible ! Être douée à l’école : une obligation. Alors oui, tant que les difficultés ne t’atteignent pas, tu te sens finalement comme n’importe quel autre enfant, qui veut faire plaisir à ses parents. Et pourtant, n’est-ce pas là le problème ? Ça aussi, tu t’en apercevras que bien plus tard ; car même le jour du bac, tu seras fière, et pas uniquement pour toi, mais pour ton Papa chéri, et ce, en tout premier…

Faire les choses pour soi.

Faire les choses pour soi, c’est quelque chose que tu mettras du temps à accepter. L’école, le Conservatoire, la danse, … Si toutes ces activités ont été magnifiquement riches (d’apprentissages mais pas seulement !) ; les as-tu seulement faites pour toi, pendant tout ce temps ?

Cette passion pour l’éducation et plus particulièrement de l’enseignement te viendra du côté maternel, tout comme ton goût pour les lettres, cela ne fait aucun doute. Mais sois patiente et indulgente avec toi-même, car tout viendra à point au moment opportun. Tu auras pourtant très à cœur de reproduire le modèle de ta Maman, que tu vois à l’heure actuelle comme une sorte d’héroïne, de par les événements qui nous arrivent à ce moment précis ; mais tu apprendras petit-à-petit, par des découvertes écrites et des récits divers que ce n’était tout simplement qu’une femme ordinaire, qui avait à cœur, elle aussi, de faire ce métier qui n’est rendu possible que par la vocation. Cette vocation restera ancrée en toi, à chaque fois que tu tenteras de t’en éloigner, mais ce sera uniquement pour mieux revenir ; à ton échelle et sans compétition avec Elle, ni avec toi-même. Le perfectionnisme t’aura usée, abîmée voire même détruite ; mais quand tu comprendras que « personne n’est parfait » et que la majorité des gens se contente de faire son travail, sans se poser le huitième des questions que tu te poses toi, tu ne t’en sentiras que plus libérée et sereine.

Le temps des conseils.

Ces constats ne viendront pas de toi, mais de tes proches. Alors écoute-les, même quand il t’est difficile de te faire, ce que tu crois être, dicter ta vie. L’expérience de ton Papa, et celle des autres te permettront de mieux t’intégrer dans cette vie professionnelle qui te fait si peur ; toi l’éternelle étudiante consciencieuse. Lorsque tu auras compris que l’épanouissement personnel passe par ce lâcher-prise constant et quotidien, tu comprendras mieux quelles sont tes réelles préoccupations, bien ancrées au fond de toi.

La réalisation de soi.

Enfin, une opportunité professionnelle indirecte te donnera ou redonnera l’envie de découvrir le monde, de voyager et surtout, de te lancer de nouveaux défis. Tu auras certaines angoisses, dans un premier temps ; mais il s’avérera que ce sera le bon moment ; même si tu redoutes toujours de faire les choses « dans le désordre ». Accorde-toi cette possibilité, cette chance que tu as de pouvoir prendre le temps, grâce au soutien infaillible de ton noyau familial. Laisse-toi vivre ; laisse toi être heureuse ; car oui, si tu as pu longtemps en douter, tu as le droit d’être heureuse comme tout un chacun, sans pour autant devoir te justifier.

Vis pour toi, et non pour les autres ou pour te créer l’image que tu souhaiterais donner à ceux que tu aimes et ils ne t’en trouveront que plus radieuse, ils ne t’en aimeront que davantage …

Aie confiance, tout se passera bien. Reste toujours honnête envers toi-même et tes convictions ; prends-toi en mains et ne recule (plus) jamais !

Roseline.

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